dimanche 8 juillet 2012

Ancien site Onyx : un dossier étonnant

De 1997 à 2001, la société SVE Onyx, exploitait un centre de tri des déchets au "59, rue Basse-Saint-Martin" (voir carte). Elle avait aussi en gestion le ramassage des déchets de la commune. SVE Onyx était une marque de CGEA (Véolia) et a été depuis intégré petit à petit à la branche "Véolia Propreté".
Depuis ce site pollué est resté en l'état… jusqu'à aujourd'hui ?
Ancien site Onyx : 59, rue Basse-Saint-Martin

Historique : 1969-2001

Selon la base de données BASIAS (Inventaire des sites industriels), ce site était exploité depuis 1969 par une casse automobile et récupération de métaux non ferreux, Ets Michel Bourdier. Selon cette base, le site est toujours exploité par SVE Onyx… Or il ne l'est plus depuis 2002, passons...

Depuis la filiale de Véolia n'a cessé de gérer le ramassage des déchets de Cognac, le tri des sac jaune (recyclable) et la déchetterie. Un marché annuel de 1 350 000 euros lors du renouvellement de contrat en 2006.
Le contrat expirera en juin 2015.

Pour les communes autour, et pour toute la Charente à l'exception notamment de Cognac et du Grand Angoulême, c'est le syndicat public Calitom qui gère le ramassage des déchets.
Ce même syndicat qui gère l'enfouissement des déchets ultimes (non recyclable) à Sainte-Sévère, y compris ceux de Cognac. La mutualisation des moyens, notamment sur le ramassage, n'est pas assuré par les 2 plus grands pôles urbains de Charente qui préfère faire cavalier seul...

Ainsi à Cognac, c'est Véolia qui ramassage les poubelles, gère la dechetterie et tri les sacs jaunes. Les sacs noirs (tout venant) et verre sont confiés ensuite à Calitom, ainsi que les résidus du tri des sacs jaunes.

2002-2006 : déménagement, pollution et CFA sur piloti

En 2002, la société a déménagé à Châteaubernard dans un site neuf sur la zone du Mas de la Cour ou le tri s'est depuis intensifié.

Lorsque l'ancien site Onyx a été abandonné (2002), ce dernier a été racheté en 2004 par la Communauté de Communes (536 000 euros) avec l'objectif de l'exploiter pour en faire le futur site d'apprentissage (CFA) avec l'accord de la région.
Or le site était totalement inexploitable :
  • il est situé en zone inondable, l'atlas des zones inondables de la Charente sur Cognac a été initié en 1996 et diffusé en 2000.
  • le terrain est pollué par les activités d'Onyx de 1997 à 2001 et les activités précédentes
Prévisible, la région a refusé ce projet de CFA mi-2006.

En 2003, la préfecture de Charente avait émis deux arrêtés qui sommait la société de faire réaliser des analyses du terrain et de présenter un programme de contrôle des pollutions, notamment de la nappe phréatique proche. La situation de la pollution était connu.
  • 27 février 2003 : l'arrêté fixe au 30 avril 2003 la tenue d'un diagnostique initial et une évaluation simplifiée des risques portant sur la contamination éventuelle des sols et eaux souterraines. L'arrêté somme Onyx de proposer sous un mois un programme de surveillance des eaux souterraines en amont et aval.
  • 15 octobre 2003 : l'arrêté fixe un délai de 6 mois pour réaliser un diagnostique approfondi et une évaluation détaillée des risques.
Ce n'est qu'au début 2006 que les services de l'état présente le résultat de la première étude mené par Véolia (réclamé en 2003), avec un résultat d'étude jugé insuffisant… 

2006-2010 : le grand vide

Ensuite plus rien… Jusqu'à l'été 2009 ou de petits travaux sont entrepris par la Communauté de Communes pour défricher le site de sa végétation envahissante. A cette date mes relances à la préfecture sont restés sans suite.
Des courriers à la ville de Cognac, indique qu'il est envisagé de racheter le site (pollué ?) pour en faire un parking...

2010-2012 : on cache la misère ?

Le calme plat de nouveau jusqu'en début 2012 ou de nouveaux travaux se déroule et qui semble d'une ampleur plus importante. Mes relances à la préfectures finissent par aboutir et j'obtiens un peu d'information :

C'est finalement le 30 avril 2010 (7 ans plus tard) que Véolia/Onyx a finalement présenté une proposition de traitement du site par un "confinement de la pollution" (sic). Cette proposition a été validé par le service d'inspection des installations classées avec les travaux suivants :
  • nettoyage de l'intégralité de la plateforme
  • scarification et reprofilage de la totalité de la surface du site
  • captation des eaux de ruissellement par réseau
  • mise en place d'un séparateur à hydrocarbures avant rejet dans le réseau public
  • réalisation d'un enduit bitume monocouche afin d'imperméabilisé la zone
Les services de l'état propose à la Communauté de Communes (propriétaire du site) de mettre en place des servitudes d'utilité publique pour les mesures suivantes :
  • suivi piézométrique amont et aval des eaux souterraines pendant au moins 3 ans, avec 2 analyses annuelles
  • pérennité du recouvrement imperméable (le site est inondable)
  • contrôle de la stabilisation du talus (glissement, érosion…) pendant les crues
  • enlèvement des terres excavés vers un site de traitement adapté
A ce jour (juin 2012), on peut constater que les travaux sont en cours depuis quelques semaines. Le site a été nettoyé des gravas, les trous rebouchés (avec les gravats ?), un réseau de drainage des eaux de pluies a été mise en place… La suite logique serait l'imperméabilisation par un bitume… suivant le plan validé par le DREAL.

Je n'ai pas réussit à obtenir une information réelle sur le type et l'ampleur de la pollution des sols...
2010
2012

N'étant pas spécialiste, je suis pas bon juge, mais j'ai du mal à concevoir qu'un bitume puisse protéger à long terme contre les crues régulières et que le drainage suffise a protéger les nappes d'eaux souterraines contre la pollution des sols et les lixiviats.
A moins que la pollution des sols soient légères ou que depuis 10 ans la pollution ait déjà atteint les eaux souterraines...

Drôle de dossier

On peut s'étonner de la durée invraisemblable de mise en œuvre de ces dispositions (10 ans), de la faible ampleur de celles-ci (en gros recouvrir la pollution par une couche imperméable aux crus…). Alors que l'acteur (Véolia) est un sous-traitant important des unités territoriales locales : déchets confié par le ville de Cognac, eau potable et assainissement par le SIEAAC, transports publics par la Communauté de Communes...

On peut s'étonner que la Communauté de Communes ait racheté le site en 2004 (536 000 euros) alors que sa situation (zone inondable) et état (sols pollués) était connus. On a assisté a cette époque à l'invraisemblable proposition d'y construire le nouveau CFA sur pilotis…
On peut aussi s'étonner que certaines opérations de suivi soient à la charge de la Communauté de Communes (même si elle en est propriétaire) et ne soient que des "conseils"...

On peut s'étonner qu'aucun suivi des eaux souterraines n'ait été mis en place, l'arrêté préfectoral du 27 février 2003 réclamait la mise en place d'un suivi amont et aval ; en 2012 la préfecture en est encore a conseiller (sic) à la Communauté de Communes (sic) de mettre en place se suivi…

Bref, un dossier ou se mêle d'invraisemblable propositions et projets, des lenteurs affolantes pour un résultat... en devenir.

Photos

Retrouvez toutes les photos du blog sur l'ancien site Onyx.

Site en juillet 2006
Site en janvier 2010, après défrichage

Site nettoyé (en surface) en juin 2012

2 commentaires:

Syndicatscognacetenvirons a dit…
Ce commentaire a été supprimé par un administrateur du blog.
Jean-Michel Pascal a dit…

Merci pour cette escellente étude. J'habite Châteaubernard et j'y paie donc des impôts. Je suis très critique sur le dossier de la déchetterie et du centre de tri des ordures ménagères.
Je compte ouvrir un blog sur Châteaubernard, dans l'esprit du tiens. je ferai référence, notamment à cette étude.

Jean-Michel Pascal